Par Emmanuel Kambi, pasteur-enseignant et président de Kambi Ministries
Est-ce qu’il vous arrive de vous plaindre d’une injustice dont vous avez été l’objet ? En lisant cet article du début à la fin, vous allez être étonné de découvrir la plus grande injustice que le monde ait connue: les procès de Jésus. En effet, vous y découvrirez les principaux principes de justice qui étaient en vigueur à cette époque et comment ils furent violés par les autorités juives et romaines. Ce n’est pas tout, vous apprendrez en détail les cinq procès que Jésus subit ainsi que l’argument décisif qui poussa Pilate à condamner à mort Jésus au grand bonheur de Juifs. Vous aimez le défi ? Alors, éteignez votre télévision ou téléphone, et concentrez-vous pour lire jusqu’à la fin cet article. Ce que vous allez y découvrir changera votre vie.
LES PRINCIPES DE JUSTICE EN VIGUEUR AU PREMIER SIÈCLE
Dans leur livre sur la Théologie systématique, John Macarthur et Richard Mayhue (2018), relèvent des principes de justice qui étaient en vigueur à cette époque. Le fait est que, malgré la corruption omniprésente, les principes de preuves et d’impartialité qui avaient été établis sous Moïse restaient la base du système de Justice. Les règles prévoyaient deux témoins crédibles pour établir la culpabilité de l’accusé. Celui-ci avait droit à un procès public et à une défense, y compris la possibilité de faire appel à des témoins et de présenter des preuves. Pour empêcher l’appel à des faux témoins, la Loi de Moïse avait prévu d’appliquer aux faux témoins les sanctions réclamées pour le prétendu coupable ( Deutéronome 19.16-19). C’est pour cette raison que les témoignages devaient être précis et cohérents quant à la date, au moment et au lieu de l’événement examiné. En ce sens, les femmes, les enfants et les débiles mentaux n’avaient pas droit de témoigner. Les personnes au caractère discutable étaient disqualifiées comme témoins.
Plus tard, la tradition rabbinique avait ajouté une autre restriction au verdict de la peine capitale. Le Sanhédrin devait observer une journée entière de jeûne entre le verdict et l’exécution du condamné. Cette condition empêchait un procès bâclé et une exécution hâtive et interdisait l’exécution pendant les fêtes. Après le jour de jeûne, les membres du grand conseil ( Sanhédrin) étaient de nouveau convoqués pour savoir s’ils n’avaient pas changé d’avis entre temps. Les verdicts de condamnation pouvaient ainsi être annulés, pas ceux d’acquittement.
Tous ces principes avaient été adoptés pour garantir des procès équitables et miséricordieux. Par ailleurs, dans le but de maintenir l’équité, le grand conseil ne pouvait traiter de cas que si les accusations qui lui étaient soumises étaient présentées par une instance extérieure. Lorsque les membres de ce grand conseil portaient une accusation contre quelqu’un, le Sanhédrin n’avait pas qualité pour examiner le cas. Pour terminer, les procès de criminels ne devaient pas se tenir la nuit, et si un procès commencé de jour se prolongeait alors que la nuit était tombée, il devait être reporté au lendemain. Comme vous le verrez dans quelques instants, tous ces principes furent violés par ceux qui étaient supposés défendre le droit.
LES CINQ PROCÈS QUE JÉSUS SUBIT PAR JÉSUS AVANT SA MORT
Replongeons-nous dans l’ambiance qui règne peu avant l’arrestation et la condamnation de Jésus. Après avoir mangé avec ses disciples le repas de la Pâque juive (Luc 22.15), Jésus va se rendre dans le Jardin de Gethsémané (Marc 14.32 ; Mathieu 26.36) situé au Mont des Oliviers (Luc 22.39). C’est là qu’il va être arrêté par une grande troupe composée essentiellement des certains principaux sacrificateurs et des anciens du peuple avec leurs serviteurs, le commandant et les officiers de la garde du Temple (Mathieu 27.47, 51 ; Luc 22.52 ; Jean 18.3). Dans les heures qui ont suivi, il a connu cinq procès, dont deux religieux et trois civils.
Le premier procès s’est passé la nuit chez Anne et consistait en une audition préliminaire concernant les disciples et l’enseignement de Jésus (Jean 18.12-14, 19-23). Jésus répondit que Anne n’avait besoin de témoins pour justifier l’accusation portée contre lui. Cette répondit lui valu une gifle de la part d’un des huissiers, parce qu’il avait repris Anne. Naturellement, les autorités juives n’avaient aucune envie d’organiser un procès établi tel que réclamé par Jésus. Quant au deuxième procès, il s’est déroulé devant Caïphe et les principaux sacrificateurs composés majoritairement des saducéens. Ce fut en réalité la première audition officielle à l’issue de laquelle Jésus sera déclaré coupable de blasphème et digne de la peine capitale (Mathieu 26.57-27.2 ; Marc 14.53-15.1 ; Luc 22.54-23.1 ; Jean 18.24).
De même, Jésus subira trois procès civils. D’abord devant Ponce Pilate, le gouverneur romain. Lors de ce procès, les Juifs accusent Jésus de sédition plutôt que de blasphème, mais, curieusement, Pilate le déclare innocent (Jean 18.28-38) (voir aussi Mathieu 27.2,11-14 ; Marc 15.1-5 ; Luc 23.1-5). Ensuite, le deuxième procès civil se passera devant Hérode Antipas, le tétrarque de Galilée. Connu pour sa vie licencieuse (Marc 6.20), il désirait enfin voir Jésus. C’est Luc qui le rapporte ainsi : «Lorsque Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie ; car depuis longtemps, il désirait le voir, à cause de ce qu’il avait entendu dire de lui, et il espérait qu’il le verrait faire quelque miracle. ». Il se mit à poser des questions à Jésus, mais il n’obtint de lui aucune réponse. Pourquoi ? Parce que Jésus ne souhaite pas être un sujet de diversité. Blessé dans son amour propre, Pilate décide de se venger de Jésus en le traitant avec mépris ( Luc 23.11). D’ailleurs, ses soldats le revêtent d’un manteau de cérémonie qui est, à leurs yeux, un vêtement de dérision. Jésus est finalement renvoyé à Pilate. À l’instar de Pilate, Hérode conclu également que Jésus est innocent de l’accusation de sédition (Luc 23.6-12).
CE QUI PRÉCIPITA LA CONDAMNATION À MORT DE JÉSUS
Finalement, le troisième procès civil aura lieu devant Ponce Pilate, le gouverneur romain (Jn 18.39-19.16 ; Mt 27.15-26 ; Mc 15.6-15 ; Lc 23.13-25). Pilate pensait qu’envoyant Jésus à son ennemi et rival Hérode, il se débarrasserait de cet homme devenu encombrant pour lui. À sa grande surprise, il est de retour chez lui. Cette fois-ci les Juifs accusent Jésus de se faire passer pour le roi de Juifs. Pilate veut s’en assurer lui-même dans Jean 18.33-38. Jésus ne le nie pas, mais il précise la nature de son royaume. Pilate est visiblement dans l’embarras, car il ne trouve aucun motif qui puisse incriminer Jésus. Il va donc tenter de le libérer. Voici ce que Luc mentionne à cet égard: «Vous m’avez amené cet homme comme excitant le peuple à la révolte. Et voici, je l’ai interrogé devant vous, et je ne l’ai trouvé coupable d’aucune des choses dont vous l’accusez ;Hérode non plus, car il nous l’a renvoyé, et voici, cet homme n’a rien fait qui soit digne de mort.». Au lieu de relâcher Jésus, Pilate décide de le flageller Jésus, car il considère cette affaire comme une peccadille.
Alfred Kuen (2001) rapporte que la flagellation précédait la crucifixion selon l’usage romain. Elle était si cruelle que les condamnés expiraient souvent au cours de ce supplice. Les Juifs avaient limité le nombre de coups de fouet à 39, tel n’était pas le cas des Romains qui, de plus, garnissaient leurs fouets de morceaux de plomb et d’os. Lâche qu’il est, Pilate se tourne vers le peuple pour demander ce qu’il veut. Marc rappelle une tradition de l’époque: «A chaque fête, il relâchait un prisonnier, celui que demandait la foule. Il y avait en prison un nommé Barabbas avec ses complices, pour un meurtre qu’ils avaient commis dans une sédition.» Marc 15.7. Toutefois, Pilate hésite encore et ne cède pas tout de suite. Aux cris de la foule: «À la croix ! À la croix !» ( Marc 15.9-14), il répond dans Jean 19.6-8: «Lorsque les principaux sacrificateurs et les huissiers le virent, ils s’écrièrent : Crucifie ! crucifie ! Pilate leur dit : Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; car moi, je ne trouve point de crime en lui. Les Juifs lui répondirent : Nous avons une loi ; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta.» Pourquoi Pilate fit-il effrayé ? Parce que, comme tout païen, il connaissait suffisamment de mythes et de légendes parlant de dieux et des fils qui s’étaient incarnés dans des personnes humains et avaient, par la suite, récompensé ou puni ceux qui les avaient bien ou mal traités. Pour ne pas encourir ce risque d’être maltraité par un dieu, il alla à la rencontre de Jésus à l’intérieur pour s’en assurer. Voici ce que Jean dit sous ce rapport: «Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus : D’où es-tu ? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Pilate lui dit : Est-ce à moi que tu ne parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te relâcher ? Jésus répondit : Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. C’est pourquoi celui qui me livre à toi commet un plus grand péché.» ( Jean 19.8-11). Dès cet instant, Pilate chercha à le libérer.
Du reste, sa femme était du même avis selon Mathieu 27.19: «Pendant qu’il était assis sur le tribunal, sa femme lui fit dire : Qu’il n’y ait rien entre toi et ce juste ; car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui.» Finalement, la foule décida de sortir l’artillerie lourde dans Jean 19.12-13: «Dès ce moment, Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs criaient : Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César. Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors ; et il s’assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha. C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs : Voici votre roi. Mais ils s’écrièrent : Ote, ôte, crucifie-le ! Pilate leur dit : Crucifierai-je votre roi ? Les principaux sacrificateurs répondirent : Nous n’avons de roi que César.»
Vous vous demandez quelle est cette artillerie lourde ? C’est la phrase: «Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César». Qu’impliquait cette insinuation ? En réalité, dans l’antiquité, être «l’ami de» de quelque patron puissant, dit Alfred Kuen, c’était être politiquement dépendant de lui. «Ami du roi» était un office honorifique dans les cours royales de la Grèce et du Moyen-Orient (y compris en Israël à partir de David et jusqu’à Hérode le Grand). «Ami de César» était aussi un titre officiel dans l’Empire qui comportait certains privilèges très importants. Se voir retirer ce titre, c’était tomber en disgrâce. Les Juifs ont déplacé la question du plan religieux au plan politique. En clair, les Juifs l’auraient accusé d’avoir laissé filer un révolutionnaire qui incitait le peuple à se révolter contre Rome. Or, César était connu pour sa sévérité et sa jalousie (Tacite: Annales 3.38). C’est dans ce contexte que le verset 13 de Jean 19 indique à propos de Pilate: «Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l’emmenèrent.»
Dès cet instant, Jésus fut jeté en pâture aux mains de ses bourreaux. Pierre résume en substance ce qu’il a vécu : « Il n’a commis aucun péché, ses lèvres n’ont jamais prononcé de mensonge. Injurié, il ne ripostait pas par l’injure. Quand on le faisait souffrir, il ne formulait aucune menace, mais remettait sa cause entre les mains du juste Juge. » (1 Pierre 2.22-23).
Vous êtes encore là ? Bravo, car peu de personnes osent lire un texte si long jusqu’au bout. C’est la preuve que vous êtes un amoureux de la Parole de Dieu. Vous savez maintenant la manière dont tous les principes de justice furent violés dans les procès de Jésus, le nombre de procès qu’il avait subit et ce qui fut déterminant pour qu’il soit livré entre les mains de ses bourreaux. Le prochain article portera sur d’autres aspects en lien avec l’ensevelissement du Christ. Restez à l’affût !
Donnez-vous entièrement à Jésus aujourd’hui, et vos lendemains seront meilleurs !