Par Emmanuel Kambi, pasteur-enseignant

Les grandes villes ont de tous temps joué un rôle important dans la propagation de l’Évangile. En effet, de Ninive jusqu’à Rome en passant par Athènes, Corinthe ou encore Éphèse, Dieu s’est invariablement intéressé de très près aux villes à forte densité. Ce faisant, il s’est servi des prophètes comme Jonas ( Jonas 4.11) ou des apôtres comme Paul (Romains 15.15-20) pour amener les gens de ces villes à Lui. Étant donné que près de 80 % de la population mondiale habitera dans les grandes villes au cours de prochaines années, je vous propose, dans cet article, d’examiner 7 stratégies que l’Apôtre Paul a utilisées par gagner à Christ la capital de la Grèce antique et le plus grand bastion philosophique de son époque, à savoir Athènes. Mon objectif est de vous équiper afin que vous puissiez être le prochain Bill Gram de votre génération ! Bien auparavant, quelques mots sur le contexte général des Actes 17. 16-34.

                       CONTEXTE GÉNÉRAL

Le passage des Actes 17.16-34 s’inscrit dans le cadre du deuxième voyage missionnaire de Paul, lequel a commencé lorsque ce dernier et ses compagnons ont décidé de retourner « voir les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la Parole du Seigneur, pour voir en quel état ils sont» Actes 15.36. Ils vont parcourir un certains nombres de villes, dont Syrie, Cilicie, Lystre, Icone, Philippes, Thessalonique et Bérée. Pendant qu’il attend impatiemment à Athènes Silas et Timothée, Paul s’empresse à évangéliser Athènes. Avant de passer à l’examen des stratégies qu’il a employées, il convient de voir certaines conditions que Paul a remplies et dont on peut s’inspirer avant d’aller évangéliser.

           3 CONDITIONS À REMPLIR AVANT DE SORTIR ÉVANGÉLISER

Pour se lancer avec succès dans l’œuvre d’évangélisation, il convient de respecter quelques conditions tirées des Actes 17.16: Pour se lancer avec succès dans l’œuvre d’évangélisation, il convient de respecter quelques conditions tirées des Actes 17.16: « Comme Paul les attendait à Athènes, il sentait au-dedans de lui son esprit s’irriter, à la vue de cette ville pleine d’idoles». En analysant ce texte, on peut dégager trois conditions: d’abord, il faut être envoyé par Dieu à l’instar de Paul; ensuite, il faut être «paroxuno», c’est-à-dire spirituellement irrité, fâché, en colère contre les péchés; et finalement avoir une bonne vision de ce qui empêche les gens de se donner à Christ. Tant que vous n’êtes pas fâché contre les ravages du péché, vous n’êtes pas encore qualifié pour sortir dans les rues et proclamer l’Évangile. Que voyez-vous aussi dans votre ville? Des gratte-ciels ou des idoles qui sont adorées par les humains et volent toute la gloire à Dieu ?

  7 STRATÉGIES UTILISÉES PAR PAUL POUR GAGNER ATHÈNES À CHRIST

1. Connaître la ville

La première stratégie que Paul met en place, c’est de connaître de fond en comble la ville d’Athènes. Pour ce faire, il va la parcourir de part en part, comme en témoigne le verset 23: « Car en parcourant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j’ai même découvert …». Vous ne pouvez jamais évangéliser une ville que vous ne connaissez pas. Pour la connaître, il faut la parcourir, car en le faisant vous allez forcément découvrir des besoins, des difficultés, des craintes, etc., auxquels vous n’aurez jamais pensé ni imaginé.

2. Viser et diversifier les gens à évangéliser

Il est plus que nécessaire de connaître et de diversifier les gens que vous voulez évangéliser, puisque tous n’ont pas les mêmes besoins et ne se trouvent pas dans la même situation. Dans le texte des Actes 17. 16-34 que nous sommes en train d’analyser, on constate que l’Apôtre Paul s’est d’abord tourné vers les Juifs et les Craignant-Dieu ( v.17), puisqu’ils connaissaient l’Ancienne alliance et, donc, ils étaient prédisposés à entendre l’Évangile. Ensuite, il est allé à la rencontre des gens qui étaient sur la place publique (v.17), des philosophes (v.18), et les Aréopagites (v.22; 34,), et ce, parce qu’il savait pertinemment que «...tous les athéniens et les étrangers demeurant à Athènes ne passaient leur temps qu’à dire ou à écouter des nouvelles» (v.21). Disposant de cette connaissance, Paul pouvait les rejoindre aux divers endroits où ils se trouvaient.

3. Circonscrire les lieux à évangéliser

Paul avait compris la nécessité de circonscrire et de diversifier les lieux qu’il voulait évangéliser. Dans le passage biblique à l’étude, on remarque que Paul se rend tour à tour dans la synagogue (v.17) pour rejoindre les Juifs et les hommes Craignant-Dieu; sur la place publique (v.17) pour rejoindre les passants et les philosophes (v.18) et ainsi attirer suffisamment l’attention afin d’être dirigé vers le siège de décisions, à savoir l’Aréopage (v.19); en effet, on ne pouvait pas enseigner de nouvelles doctrines avant qu’on ait obtenu l’autorisation des aréopagites. Fait intéressant, Paul choisit ces lieux d’évangélisation en fonction de leur potentiel de propagation de l’Évangile et parce qu’il y avait trouvé de repères dont il allait se servir pour se faire mieux entendre.

4. Trouver des points de contact

Un point de contact est une chose, un événement, une citation, un fait connu, en somme, un repère, qui est familier de votre auditoire et pouvant servir de tremplin pour amorcer la conversation. À cet égard, l’Apôtre Paul avait su identifier 2 points de contact des Athéniens. Le fait est que, il en a découvert au verset 23: «un autel avec cette inscription: À un dieu inconnu !» ainsi que les citations d’un de leurs poètes appelé Epimenide: « Car en lui nous avons la vie, le mouvement, e l’être. C’est ce qu’on dit aussi quelques-uns de vos poètes: De lui nous sommes la race…. » (v.28). Ces points furent cruciaux pour lui pour capter l’attention des Athéniens. Ça lui a permis de réfléchir à la fréquence avec laquelle on va communiquer le message de la vie.

5. Définir le rythme par lequel faire l’évangélisation

L’évangélisation n’est pas quelque chose qui doit se faire au hasard. Ça doit être préalablement pensé, réfléchi et programmé si l’on entend obtenir des résultats escomptés. En ce sens, la régularité est la clé du succès, comme en fait foi le v.17: L’évangélisation n’est pas quelque chose qui doit se faire au hasard. Ça doit être préalablement pensé, réfléchi et programmé si l’on entend obtenir des résultats escomptés. En ce sens, la régularité est la clé du succès, comme en fait foi le v.17: « ils s’entretenait donc dans la synagogue avec les Juifs et les homme craignant Dieu, et sur la place publique chaque jour avec ceux qu’il rencontrait». Quel est alors le message que Paul a proclamé aux diverses catégories de personnes qu’il a rencontrées ?

6. Concevoir un message adapté à l’auditoire auquel on souhaite s’adresser

C’est l’élément le plus important dans l’œuvre d’évangélisation. C’est là où tout se joue. C’est la convergence de tous les cinq premiers points susmentionnés. À cet égard, force est de constater que l’apôtre Paul a construit son message en tenant compte des idées préconçues des philosophes épicuriens et stoïciens, notamment leurs conceptions respectives de l’au-delà qui étaient diamétralement opposées. De plus, il a basé son message sur Dieu en essayant de démontrer, à grand renfort d’arguments tirés de la nature, ce que Dieu Est et ce qu’Il n’est pas (v.24-29), ainsi que sur la personne de Jésus-Christ (31), puisque les Athéniens ne croyaient pas à un Dieu personnel (v.27). Par ailleurs, son message était interpellateur dans la mesure où il faisait appel à l’engagement (v.30-31) et en indiquait les conséquences présentes et futures. En ce sens, Paul pouvait s’attendre à ce qu’il produise certains résultats.

7. Savoir s’attendre aux résultats

L’apôtre Paul était un homme hors pair. Il savait définir sa stratégie d’évangélisation avec intelligence et pouvait, ce faisant, s’attendre à des résultats qualitatifs et quantitatifs. À Athènes, Paul a fait certes une maigre moisson, mais ce fut une moisson de qualité, comme le montre le v.34: « Quelques-uns néanmoins s’attachèrent a lui et crurent, Denys l’aréopagite, une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux.». C’est de la qualité, parce que Paul pouvait désormais compter sur ces aréopagites gagnés à Christ pour répandre le message de l’Évangile dans les plus grandes sphères de décision, étant donné qu’Ils étaient influents auprès de la population.

Il n’en demeure pas moins que ce succès ne s’était pas fait sans obstacle. En fait Paul a été l’objet de mépris, comme on peut le lire au v. 18: «…Que veut dire ce discoureur ?». En grec, c’est le terme qui signifiait « pie bavarde», expression injurieuse utilisée contre les gens ou des philosophes qui n’avaient pas de message original à donner aux peuples, mais plutôt se contentaient de copier et plagier celui des autres. Qui plus est, on va se moquer de lui: « Lorsqu’ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent, et les autres dirent: nous t’entendrons là-dessus une autre fois»v.32. Qu’à cela ne tienne, la graine de la parole de Dieu était déjà semée dans leur cœur. Dès cet instant, ils seront responsables devant Dieu de leur réaction au jour du jugement, v.31.

À tout prendre, demeurons fidèles et réguliers à l’œuvre de l’Évangélisation, car la moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers ! Dans le prochain article, je vous montrerai différents moyens que Jésus utilisait pour capter l’attention de ses auditeurs et les gagner à lui par la suite.

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